S’installer en agriculture paysanne, de l’idée au projet

Un dispositif d’accompagnement de l’installation

thumb ardear-sinstallerLes ADEAR animent depuis plusieurs années un dispositif d’accompagnement des candidat(e)s à l’installation. Cette action s’inscrit dans la loi d’Avenir 2015-2020 qui entend redynamiser les installations agricoles, en baisse depuis 2008.

Les paysan(ne)s et les animateur(trice)s des ADEAR ont construit cet accompagnement en   s’appuyant sur leur expérience de terrain et leurs connaissances des aléas de l’installation agricole. Ils bénéficient aussi des compétences des paysannes et paysans du réseau.

« De l’idée au projet » est un dispositif novateur qui propose aux candidat(e)s à l’installation agricole un panel de propositions auxquelles elles/ils peuvent souscrire en fonction de leur projet personnel.

Les objectifs de l’action

L’accompagnement des porteurs de projet s’articule autour de 5 objectifs qui visent à la pérennisation des installations, en favorisant l’insertion du porteur de projet dans le territoire où elle/il va travailler et vivre :

  • l’amener à se poser les questions indispensables pour mesurer la faisabilité du projet ;
  • l’aider à en évaluer les forces et faiblesses, y compris en ce qui concerne ses propres compétences et capacités ;
  • mettre à sa disposition les ressources du réseau : outils, personnes ressources ;
  • l’informer sur l’ensemble des dispositifs liés à l’installation ;
  • l’accompagner dans la démarche spécifique de l’installation progressive.

Les outils et compétences des ADEAR

La spécificité de cet accompagnement réside également dans la qualité relationnelle qui est instaurée entre le porteur de projet et l’équipe ADEAR. Le suivi individuel, dans la durée, est basé sur la responsabilisation et la confiance, ce qui permet une mise en place progressive du projet.
Par ailleurs, chaque porteur de projet bénéficie d’un accompagnement global, qui aborde tant les questions techniques qu’économiques ou personnelles, dans le partage des valeurs de l’agriculture paysanne.

Témoignage

Bertrand Joyeux, paysan dans l’Indre en association avec 2 autres paysans
«  Le partage des valeurs de l’agriculture paysanne. »
Il y a peu, Bertrand Joyeux a installé un atelier ovins dans une ferme polyculture-élevage de 117 ha.
Aujourd’hui, il crée avec 2 autres jeunes agriculteurs une société qui reprend la ferme cédée par le père de l’un d’eux.
« L’intérêt de l’accompagnement de l’ADEAR, c’est qu’il englobe tous les aspects du projet, explique Bertrand, professionnel mais aussi projet de vie. » Il a été très sensible à la pédagogie mise en œuvre par les accompagnants, et « le partage des valeurs de l’agriculture paysanne ».

Témoignage

Bertrand Monier, paysan dans  le Loir-et-Cher (41)
« C’est une formation vraiment très bien, très utile »
De formation agricole supérieure, Bertrand avait envie de « devenir paysan, de travailler dans le concret ». D’expériences en rencontres, il a mûri l’idée de développer la fabrication de pâtes « autre aliment de base, complémentaire du pain ».
Il a été accompagné dans sa démarche dans le cadre de la formation « De l’idée au projet » par l’ADEAR 41. « C’était vraiment très bien, vraiment très utile, raconte-t-il, on va d’une ferme à l’autre rencontrer des paysans, on se crée un réseau ». C’est ainsi qu’il a rencontré les agriculteurs qui construisent aujourd’hui avec lui son devenir de paysan.

« De l’idée au projet » en quelques chiffres

± 100   Une centaine de candidats à l’installation accompagnés chaque année
54 % ont entre 25 et 35 ans
40 % sont des femmes
40 % ont un projet en maraîchage
85 % ne sont pas issus du milieu agricole

Le programme du dispositif

Le programme du dispositif comprend diverses actions pour les porteurs de projet, selon leurs besoins :

  • accompagnement individuel, personnalisé, depuis le pré-projet jusqu’à l’installation ;
  • temps  collectifs  pour  favoriser  le  croisement  des  expériences  individuelles  et créer un lien social et professionnel entre porteurs de projets ;
  • formations : « créer ou reprendre une activité  agricole  »  (7  ou  9  jours),  et  d’autres sessions courtes selon les cas ;
  • tutorat d’un paysan de proximité formé ;
  • espace test agricole sur une ferme ou sur son propre terrain ;
  • constitution de groupes de citoyens pour : l’aide  à  la  commercialisation  (AMAP,...), l’acquisition  de  foncier  (en  partenariat avec Terre de Liens), la constitution d’une cagnotte.